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Le paysage de la boutonnière
vendredi, 27 avril 2007
/ Caue de la Seine-Maritime

Paysage

A. de Lapparent a décrit dans son ouvrage « Le Pays de Bray » (1879)

« Lorsque, après avoir franchi les hauteurs qui dominent au nord la ville de Rouen, on se dirige vers la Picardie par la route de Forges les Eaux, on traverse, depuis Rouen jusqu’au-delà de Buchy, sur un parcours de plus de 30 km, un vaste plateau où l’horizon n’est jamais borné par un accident de terrain de quelque importance… En dernier lieu, on arrive en pente douce à quelques pas d’une sorte de crête rectiligne qui ferme absolument l’horizon…

« A peine a-t-on franchi cette limite qu’on se trouve inopinément au bord d’une sorte d’abîme et en présence d’un panorama d’autant plus saisissant qu’il était moins attendu. Cette ligne culminante qui fermait l’horizon n’était autre chose que l’arête supérieure d’un talus escarpé, se prolongeant à droite et à gauche aussi loin que la vue peut s’étendre, et formant une véritable falaise de plus de 60 m de hauteur, au pied de laquelle apparaît le pays le plus verdoyant qu’il soit possible d’imaginer.

Sur le premier plan règne une sorte de terrasse, où les villages se succèdent à des intervalles assez rapprochés… Au-delà, après une zone boisée de peu d’étendue, se présente une succession de collines aux formes gracieuses couvertes, de la base au sommet, par des prairies où paissent des bêtes à cornes. Chaque herbage est entouré d’une ceinture d’arbustes, d’où se détachent quelques beaux arbres, chênes, hêtres ou frênes, attestant que ces riches pâturages ont dû être conquis sur une forêt qui recouvrait autrefois toute la contrée. Les fermes sont nombreuses, disséminées et de peu d’importance ; les villages, presque entièrement cachés dans des plus de terrain, consistent en un petit nombre d’habitations groupées autour de l’église.

« Cet aspect se poursuit, en face de l’observateur, sur une étendue de plus de 10 kilomètres. Mais, au moment où, en raison de la distance, les contours ondulés des collines commencent à se voiler d’une légère brume, on voit se dresser au-delà, comme fond de tableau, une sorte de muraille continue dont la crête,exactement horizontale, forme la ligne d’horizon du paysage. Cette muraille est constituée par un talus gazonné, identique avec le premier, et courant comme lui, en droite ligne, du Sud-Est au Nord-Ouest. L’espacecompris entre ces deux escarpements produit donc, au premier abord, l’impression d’une large vallée, profondément encaissée entre deux lignes de talus abrupts. Cette vallée, c’est le Pays de Bray. Au sortir des plaines monotones des environs de Buchy, le regard se repose avec un rare plaisir sur cette riante et fraîche contrée, au relief si varié, où le ton dominant de la verdure est nuancé des teintes les plus harmonieusement fondues".

Points importants

La variété des sols et des milieux permet la présence d’une grande variété de flore et de faune. De plus la boutonnière sert de couloir de migration pour certaines espèces d’oiseaux entre les vallées de la Seine et de la Somme.

La richesse des paysages du Pays de Bray tient beaucoup aux nombreux points de vue. Cette caractéristique était déjà appréciée en 1879 par A. de Lapparent.

La formation de la boutonnière

La boutonnière du Pays de Bray s’intègre dans la série de plissements légers qui ont affectés les terrains du bassin parisien lors du soulèvement alpin. Le phénomène d’érosion a mis à jour les couches géologiques les plus anciennes (et aussi les plus tendres) et a entraîné la formation d’une cuvette au centre de l’anticlinal : on parle de relief inversé.

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Pédagogie

Objectifs pédagogiques

Retrouver l’organisation du paysage du Pays de Bray à travers la lecture de cartes (carte IGN, carte géologique). Etablir le parallèle entre un paysage et la production agricole qui y est liée.

Prolongements possibles

La production agricole du Pays de Bray, à base d’élevage bovin.
Histoire du Neufchâtel.
Histoire de Charles Gervais et de ses inventions.

Matériel nécessaire

Cartes (IGN, géologique) Appareil photographique, crayons, carnets.

Déroulement de l’action

En salle : travail d’interprétation cartographique Sur le terrain : observations et retranscription des caractéristiques du paysage brayon.

Propositions d’actions

Étude de cartes

Sur une carte IGN au 1/50 000 observer et analyser sur la zone du Pays de Bray :

  • la répartition de l’habitat,
  • la localisation des villages (par rapport à la topographie, au réseau routier),
  • la localisation des bois,
  • la présence de l’eau (sources, mares, étangs, ruisseaux, rivières)

Étudier la carte géologique et délimiter la position de la boutonnière. Comparer carte IGN et carte géologique, analyser.

Étudier la représentation en coupe schématique de la boutonnière.










L’histoire géologique de la formation de la boutonnière peut être présentée (et peut être l’occasion de présenter des fossiles caractérisant différentes périodes : ammonites, oursins…).

Visite sur le terrain (point de vue) A défaut analyse sur photographie

Exemples de points de vue : La Ferté-Saint-Samson, Mesnières-en-Bray.

Localiser sur une carte le point de vue

Identifier le caractère dominant du paysage (paysage naturel, paysage humanisé…)

Retrouver les différents éléments qui composent le paysage :observer le relief l’occupation du sol (positionnement des champs labourés, des prairies, des prairies plantées de pommiers, des prairies humides, des bois et des forêts…).

Chercher les relations qui lient les différents éléments du paysage étudié les uns aux autres. Par exemple, analyser l’occupation du sol par rapport au relief (boisement sur pentes…), retrouver quelles peuvent être les productions agricoles liées à ce type de paysage (élevage).

Réaliser des croquis (vues d’ensemble ou de détail) du paysage, ceux-ci serviront pour un rendu collectif. Donner un titre à chaque croquis, le commenter par un petit texte descriptif ou poétique.