Le Pays de Caux - le paysage général

par Sophie de Champsavin | Imprimer cet article Imprimer cet article
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Paysage

Historique

Le paysage cauchois actuel est le résultat d’une lente et longue évolution de la société, de ses techniques et de son économie. Contrairement à ce que l’on peut observer en Angleterre où les linéaires sont des restes d’anciennes zones boisées, les haies cauchoises sont le fruit d’une plantation systématique par le paysan cauchois.

Les plaines du Pays de Caux sont constituées de champs ouverts sans haies (openfields) avec de grandes parcelles labourées et, de place en place, des habitations entourées par de grandes lignes de haies brise-vent. C’est un paysage ouvert enrichi d’îlots boisés. Cet habitat original et unique d’openfield est le clos-masure qui associe cultures et élevage ; sa cour bordée de haies sur talus est l’élément caractéristique du Pays de Caux.

Tout comme le paysage cauchois en général, la structure typique du clos-masure s’est mise en place progressivement sous l’influence de deux idées essentielles : se protéger du milieu naturel et en exploiter les ressources.

« la maison paysanne est toujours conçue selon les nécessités de la terre productrice et sa conception est commune aux paysans ayant les mêmes exploitations ». C’est là même de l’originalité du Pays de Caux, bien que la masure cauchoise soit une unité, un microcosme vivant en autarcie, sa structure unique est commune à toute la région.

Le clos-masure est situé au centre de l’exploitation de son propriétaire, les champs ouverts s’étendant à proximité immédiate des cours. L’exploitant vit au centre de ses terres ce qui constitue un des facteurs de dispersion de l’habitat. Chaque unité agricole était obligée de vivre sur elle-même du fait de son isolement et la cour-masure devait pouvoir satisfaire tous les besoins de l’exploitant.

Chaque cour de ferme constitue un monde clos qui prend la forme d’un grand rectangle trapu, presque carré. Sa surface était traditionnellement proportionnelle à celle de l’exploitation qui l’entoure (en général 1/10) et donc proportionnelle à la richesse de son propriétaire.

L’arbre est un constituant majeur du Pays de Caux et sa particularité réside dans sa répartition : il constitue la clôture de chaque habitation agricole. La présence de l’arbre est une condition nécessaire à la conservation de la valeur agricole et de la valeur paysagère de la région.

« La grande campagne normande, ondulante et mélancolique, pareille à un immense parc anglais, à un parc démesuré, où les cours des fermes entourées de deux ou quatre rangs d’arbres, et pleines de pommiers trapus qui font invisibles les maisons, dessinent à perte de vue les perspectives de futaies, de bouquets de bois et de massifs que cherchent les jardiniers artistes en traçant les lignes des propriétés princières ». Guy de Maupassant (Le Fermier).

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Pédagogie

Objectifs pédagogiques

Travailler sur la perception du paysage du Pays de Caux à partir d’un cadre référentiel plus général. Acquérir un vocabulaire de base. Analyser la structure d’une image pour comprendre la composition de ce paysage.

Matériel nécessaire

Crayons, feutres ou autres…

Déroulement de l’action

En salle : Travail sur l’interprétation d’images données à l’élève.

Propositions d’actions

Découverte du paysage cauchois

Comparer les illustrations 1 et 2.

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illustration 1

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illustration 2

Lister les éléments de ressemblance et de dissemblance (trouver le vocabulaire commun à ces deux images). Leur donner à chacune un titre.

L’objectif est que chaque élève découvre, à l’aide de ces deux illustrations que le paysage du Pays de Caux est ordonné à la manière d’un décor de théâtre. La première image représente un décor de théâtre, l’autre un paysage traditionnel de Pays de Caux. Ces deux images présentent un même ordonnancement :
- des rideaux qui cadrent des vues sur des espaces déterminés
- des espaces dégagés entre ces rideaux par lesquels le regard file jusqu’à l’horizon, le fond du décor.

Retrouver sur l’illustration 2 (projection sur tableau blanc ou reproduction agrandie) :
1- les espaces ouverts et les espaces fermés (les signaler à l’aide de couleurs par exemple),
2- les différents plans de l’image
3- les traces de l’intervention de l’homme
4- les éléments végétaux.

L’évolution du paysage du Pays de Caux, la disparition des haies

Analyser les illustrations 4 et 5 représentant la cartographie du linéaire de haies sur la commune de Biville la Baignarde respectivement en 1985 et en 1947.

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illustration 4

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illustration 3

Comparer les deux documents, rechercher quelles ont pu être les causes de la disparition des haies. Pour ce faire, réaliser par exemple des interviews des grands-parents, des « anciens » des communes rurales. Ces interviews feront l’objet d’un rendu collectif sous la forme d’un petit livret référence. La retranscription des interviews sous forme d’un écrit pourra être encadré par un enseignement de français.



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