Au bord des rivières

par Caue de la Seine-Maritime | Imprimer cet article Imprimer cet article
Chemin de progresssion : Accueil du site > Eléments du paysage


Paysage

Les groupements végétaux qui accompagnent traditionnellement les bords de rivière sont le siège d’une grande diversité biologique. Ils constituent des milieux complexes et fragiles, aux utilités multiples.

Ces minces franges forestières ne sont plus que les vestiges des remarquables forêt-galeries qui enserraient les rivières. Du fait des défrichements et de l’urbanisation, ces structures végétales ont été morcelées.

Leur disparition s’accompagne d’un appauvrissement du milieu naturel tant par le nombre d’espèces végétales présentes que par la perte de la richesse de la faune qui y trouvait gîte et couvert.



La forêt-galerie préexistante au bord des cours d’eau. Aspect d’ensemble de la forêt alluviale “primitive” ou peu anthropisée.

Coupe écologique de la rivière Coupe écologique de la rivière

Vivre au bord des rivières

Certaines rivières, très tôt considérées comme des lieux ingrats, indomptés, dont les abords marécageux ou inondables en interdisaient la pratique, ont fait l’objet de travaux d’assainissement.

Les premiers travaux d’assèchement de marécages remontent à l’époque gallo-romaine voire à l’époque gauloise.

Dans le marais Vernier, les premiers travaux exécutés remonteraient au règne de Dagobert. De source plus certaine, en 1365 le seigneur du marais acheta aux moines de Jumièges le droit de creuser quatre ruisseaux à travers la marais de Saint-Aubin-sous-Quillebeuf, afin d’assécher la Grand-Mare. De grands travaux sont ensuite entrepris au XVIIe siècle, par ordre de Henri IV et de Louis XIII. L’oeuvre maîtresse est la Digue des Hollandais, qui construite à partir de 1607 et coupant le marais Vernier d’est en ouest, en a desséché les trois-quarts. Au siècle des Lumières, sous le génie des savants de la cour de Louis XIV, la science de l’hydraulique avance. En se servant de la force de l’eau pour faire fonctionner des moulins, l’homme apprend à maîtriser la rivière et ses débordements par des systèmes de vannage et surtout en aménageant son cours (en créant des biefs qui alimentent le moulin avec un niveau constant d’eau). D’une activité rurale de meunerie, cette maîtrise hydraulique amènera l’homme à développer d’autres industries (forges, usines textiles, scieries, papeteries, corderies...). En faisant appel au XIXe siècle à l’énergie thermique puis électrique, l’industrie s’éloigne alors de la rivière, n’en ayant plus l’utilité.

Pourtant les hommes vont encore un temps garder des bords de rivière une image bucolique, conviviale voire romantique. Jusqu’à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, on s’y réunit encore le dimanche auprès d’une guinguette pour un pique-nique, un après-midi de danse ou une promenade en barque. Après la guerre, avec l’essor industriel et l’urbanisation galopante, la rivière perd tout à fait ces attraits, se transformant souvent en exutoire des eaux usées des villes et prenant alors l’aspect d’ouvrages fonctionnels. C’est aujourd’hui un paysage et un attrait à redécouvrir.

Pédagogie

Objectifs pédagogiques

Retrouver la présence d’une rivière dans le paysage.

Mettre en évidence l’existence d’une végétation particulière de la rivière et de ses rives.

Retrouver les indices de l’intervention de l’homme sur le paysage de la rivière.

Prolongements possibles :

- Visite du moulin de l’Arbalète à Saint-Maclou-de-Folleville sur la Scie.

- Visite du musée de la corderie Vallois.

- Visite de la vallée du Dun ou de la Durdent (moulins).

- Visite de la passe à poissons à Léry-Poses.

- Visite de la Vallée de la Bresle.

Matériel nécessaire

- Crayons, carnets, cartes IGN.

Déroulement de l’action

- Sur le terrain, visite d’un site et observation in situ (à défaut travail sur photographies).

Propositions d’actions

La présence d’une rivière dans le paysage

Sur le terrain, à défaut sur une photo, rechercher les indices permettant de déceler la présence d’une rivière dans le paysage (végétation, positionnement des habitations…).

JPG - 83.9 ko

Réalisation de schémas et (ou) photographies du paysage observé.

La rivière et ses berges : des milieux de vie

Comparer la végétation de deux rivières différentes - illustration 2 et 3 - l’une possédant une « ripisylve », l’autre pas, ou deux zones différentes de la même rivière (comparaison des milieux et causes de leur disparité, comparaison de la diversité végétale et animale).

JPG - 33.4 ko
illustration 2

JPG - 43 ko
illustration 3

Réaliser des schémas et (ou) dessins illustrant les notions de milieux diversifiés et de zonation végétale… (à rapprocher éventuellement de la zonation végétale autour de la mare, fiche Au bord de la mare).

Une eau maîtrisée

Au bord d’une rivière (ou sur une carte IGN), retrouver les différents éléments qui signalent l’intervention de l’homme sur son cours (exemple : moulin, barrage, cressonnière, pisciculture, rivière canalisée) et déterminer les raisons de ces diverses réalisations.

Établir une comparaison entre les rôles que jouait la rivière autrefois et ceux qu’elle joue encore aujourd’hui.



| Nos partenaires | Accessibilitè | infos légales | © Copyright 2007 - caue de la Seine-Maritime | site optimisé pour : firefox, 0 kB